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NB. Ne tenez pas compte des dates indiquées. Elles sont inversées. Une fois que vous ouvrez le message daté du 1er mars 2020, par exemple, et que vous souhaitez lire le suivant (daté du 29 février 2020), il vous faut revenir en arrière afin de pouvoir ouvrir ce dernier. Et ainsi de suite... Le premier message est daté du 3 mars 2020, le dernier du 8 décembre 2019.  Le blog se lit comme un journal, de haut en bas... Une fois arrivé en bas de chaque page, cliquez sur AUTRES ARTICLES pour ouvrir les pages suivantes.  Il y a 12 pages et 85 posts en tout.
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Un terrain vague, visiblement à l’abandon, plongé dans une demi-obscurité. On distingue difficilement quelques herbes folles qui se déploient ici et là, dans l’ombre, de manière anarchique. Elles se situent au premier plan du paysage qui baigne dans un halo de lumière assez faible aux teintes légèrement rougeoyantes. A l’horizon, d’autres lueurs, troubles et orangées, issues de lampadaires longeant les rues lointaines apportent de nouvelles touches au clair-obscur général de la scène. Typiquement le genre de « non-lieu » que l’on trouve parmi des voies de chemin de fer depuis longtemps délaissées.
         « There is something there... In crashed cars by the train line there is something there... »            (These New Puritans, « Fragment Two »).


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On se demande si cette photographie ne nous joue pas des tours car, en y regardant de plus près, on commence à distinguer ce qui ressemble à des ombres de silhouettes humaines. En effet, celles-ci sont allongées démesurément et semblent même émerger des herbes qui recouvrent ce no man’s land. Les corps d’où devraient provenir ces ombres sont, quant à eux, situés hors champ. 
          Un doute s’installe. S’agit-il bien d’ombres humaines ? L’homme a-t-il sa place dans ce lieu et si oui, laquelle ? Enfin, on peut se demander quels sont les rapports qu’entretiennent les différents éléments qui composent ce décor. 

         Dans la partie droite du paysage, on peut distinguer, tout au fond, une immense structure métallique apparemment en construction. Sa figure est imposante, mais pas nécessairement menaçante. Peut-être cela est-il dû au miroitement de ces lumières orangées dont j'ai déjà parlé et qui traversent cette structure ou qui semblent directement émaner d’elle ? 
    …
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"Une partie de nous-mêmes est peut-être encore là-bas, quelque part, 
à errer sans but dans les petites cours d’immeubles désertes surplombées par des fenêtres 
qui nous regardent en silence.
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Ces espaces en appellent d'autres comme autant de rêves qui n'ont pas encore été rêvés. Des souvenirs d'évènements qui n'ont pas eu lieu ou plutôt qu’on a du mal à percevoir, mais qui n'en demeurent pas moins présents si l'on reste un tant soit peu à l'écoute.

       L’album « Hex » de Bark Psychosis est un sortilège dans la mesure où celui-ci explore des territoires, des émotions qui rapprochent les vivants et les morts, la terre et cet infini qui ne peut, certes, être véritablement appréhendé, mais qui nous touche d'autant plus fortement (« Absent Friend »).

           On se souvient de Georges Perec qui nous invitait à lire l'espace afin d'intensifier sans cesse notre expérience du vivant, de tout ce qui a pu être, de tout ce qui aurait pu ou peut encore advenir. Cette « folie », peut-être, qui nous amène à refuser de choisir, à en arriver à vouloir vivre toutes nos vies dans un même souffle et donc à « ne pas vivre » comme on l'…
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Parmi les photos de paysages que l'on trouve dans le livret du disque du groupe anglais Epic45 au titre déjà évocateur (« Through Broken Summer »), l'une d'entre elles montre un arbre qui occupe la plus grande partie de l'image et derrière lequel on peine à percevoir un champ évoquant la campagne anglaise avec tout l’imaginaire qui l’accompagne. 
        Une pancarte métallique est posée contre l'arbre, le genre de panneaux que l'on ne voit d'habitude que dans des environnements urbains, certainement pas sur un arbre situé en plein campagne : « CCTV In Operation », peut-on lire sur cette pancarte (ce qui signifie que nous nous trouvons dans une zone placée sous vidéosurveillance).


      Par l'inclusion d'une telle photo, ces artistes nous interrogent, aujourd'hui, non seulement sur les rapports que peuvent entretenir de telles musiques à la notion d’espace public, mais ils nous invitent également à nous demander de quelles manières il peut être e…
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« A ghost from the future »...

        On peut entendre une voix féminine prononcer ces mots dans l'interlude « Other Rooms » qui suit le morceau « Cloud Phantoms » d'Epic45. Cette voix vient d'ailleurs. Elle est peut-être extraite d'un (télé)film anglais des années 70. La deuxième fois qu'elle se fait entendre, elle est ralentie, ce qui donne un autre poids à ces mots qui résonnent alors de manière particulièrement étrange : « A ghost from the future »...

        Il y a de fortes chances que les membres du groupe Epic45 aient lu les travaux de Mark Fisher qui a beaucoup écrit sur l'émergence, à partir des années 2000, de musiques qui explorent ces avenirs « perdus » qui continuent de hanter notre présent (je reviendrai plus en détails sur cette idée et ce qu'elle implique très bientôt).

        Bien qu'ils ne fassent pas partie d'un mouvement et encore moins d'une…
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« An addiction to the impossible, Let’s go back to the underworld, Let’s go back inside... » These New Puritans, « Infinity Vibraphones »

      Ces paroles me rappellent ce qu'avait écrit Mark Fisher à propos d'une chanson du groupe post-punk The Jam intitulée  « Going Underground ». 
                                                               « I want nothing this society's got. I'm going underground. »

      Je me souviens que M. Fisher prenait le soin de décrire comment le modèle de société néolibéral a commencé à transformer les rapports des mentalités et de l'inconscient collectif à la notion même de liberté. 
      Comment vivre en dehors des sentiers battus lorsque tout est fait pour uniformiser le plus possible les imaginaires tout en donnant l’impression du contraire ? Les territoires dont j'ai parlé dans les précédents messages ne sont-ils qu’intérieurs et ne peuvent-ils être vécus que dans la plus extrême solitude, de manière strictement individuelle ? E…
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This is where your eyes go closed


 « So if this world that we imagine in this room might be used to gain access to  other rooms, to other worlds, previously unimaginable... »